Pourquoi nous n’aurons pas de second enfant

Cet article est extrèmement personnel, il vous raconte mon parcours, notre histoire, à travers le parcours de PMA vers la (non) parentalité.

Une séance photo grossesse ou nouveau-né est l’occasion d’échanger – et il nous arrive de discuter, avec mes clientes, de la façon dont bébé est arrivé. Ce peut être un bébé prévu et arrivé juste dans les temps, un bébé surprise, un bébé tant attendu… je demande à ces futures mamans si je peux partager avec vous, mes lecteurs, leur parcours parfois compliqué vers la maternité. Une cliente a accepté que je raconte sa fausse couche à 4 mois et demi, une autre ses multiples fausses couches en 10 ans, mais l’avantage lorsque je parle avec elles, c’est que si elles sont au studio avec moi, c’est que leur histoire se termine bien, elles ont un bébé qui est enfin arrivé, après ces épreuves.
Alors je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je demande à ces jeunes couples de partager ce pan si intime de leur vie, et ne pas le faire moi même.
Cet article est très personnel, le plus personnel que je n’aurai l’occasion de partager, j’en suis sure. Certain penseront peut-être que je m’égare, que je devrais garder cela pour moi. Que cela n’a pas sa place sur mon site professionnel. Cependant je suis photographe spécialisé dans la grossesse et les bébés, aussi je pense que le partage de mon parcours vers la parentalité est légitime. Si cela vous gène de me lire vous parler de vagin, spermatozoïdes, et de règles (on a besoin de tout cela pour faire un bébé, mais rassurez vous, j’en parle quand même assez peu au final), passez votre chemin, et ne vous en faites pas : je le comprendrai parfaitement ! Je vous demande juste de ne pas me juger.

Comme la plupart d’entre vous le savent, nous avons avec mon mari une fille, Anna, née en 2011.
Comme beaucoup de famille, nous souhaitions avoir un second bébé, cependant tout se n’est pas passé comme prévu… ce fût un véritable parcours du combattant. 4 inséminations artificielles, 1 ponction dans le cadre d’une FIV, 2 transferts d’embrayons, plus ou moins 100 piqures dans le ventre pour les traitements liés à la FIV et aux inséminations, plus de 30 prises de sang… Un parcours du combattant je vous dit. Tout cela pour rien. Pas de bébé à tenir dans nos bras pour nous dire que nous n’avons pas fait cela pour rien. Mais au moins, nous savons aujourd’hui que nous n’avons rien à regretter.

Revenons au début de l’histoire ! Nous nous sommes mariés en 2008, nous avons souhaité profiter de notre vie de jeunes mariés, voyager, et en 2010 nous nous sommes dit que nous aimerions qu’un bébé vienne agrandir notre famille. 4 mois après cette décision, j’étais enceinte. Une grossesse très facile, un accouchement de rêve.
2 ans après l’arrivée d’Anna dans nos vies, nous avons voulu agrandir une nouvelle fois notre famille. J’étais encore employé dans une agence de communication, mon activité de photographe commençait à bien marcher, l’idéal était d’avoir ce second bébé avec le congé maternité accordé aux salariés. Nous nous étions cependant mis une deadline : si je n’étais pas enceinte en Juin 2014, je démissionnait, tant pis pour le congé maternité.
Point de bébé à l’horizon, je pose donc ma démission pour me lancer à temps plein dans mon activité de photographe, tellement excitée par ce nouveau challenge.
Je rencontre une gyneco à qui je dis que cela fait un an que nous cherchons à avoir notre second enfant, elle me dit que j’ai vieilli depuis ma fille, que c’est normal que ça prenne plus de temps. Sympa, mais OK.
2 ans plus tard, en décembre 2015, voyant que bébé n’arrive toujours pas, nous finissons pas consulter. Les examens sont nombreux, pas toujours agréable (voir même plutôt très désagréables pour certains, comme pour l’hysterosalpingographie – avec un nom comme ça, ça ne pouvait pas être simple ni sympa !), nous sommes finalement rangés dans la case « infertilité inexpliqué ». Quelle ironie pour une photographe spécialisée dans la grossesse et les bébés. On nous recommande les inséminations artificielles. On nous laisse sous entendre à demi-mot que puisque nous n’avons aucun vrai problème, ni mon mari ni moi, que cela ne devrait pas être trop compliqué. Ca tombe bien, je ne veux pas aller jusqu’aux FIV. Nous avons déjà un enfant, les FIV sont autrement plus contraignantes, avec une ponction à faire au bloc opératoire, nous nous disons que même si les inséminations ne marchent pas, tant pis, nous serons une famille de 3, et non de 4.
Commence alors le premier protocole d’insémination.
Pour ceux qui ne sont pas familier avec la Procréation médicale assistée (la PMA), l’insémination artificielle, c’est placer les « graines » du papa (oui je sais, c’est mignon dit comme ça), dans l’utérus de la maman (oui bon tout ne peut pas être mignon). Des échographies et prises de sang de contrôle sont effectués tous les 2 jours à partir du 8ème jour des règles, afin d’identifier un follicule (ovule) parfait pour le jour du transfert. Des injections sont faites au début des règles, dans le ventre, pour stimuler cette production de follicules, puis une autre injection, dans le ventre comme pour les autres, doivent être faites à 23h deux jours avant l’insémination artificielle afin de déclencher l’ovulation.

Le dosage est propre à chaque femme, le miens est trop fort sur cette première insémination, via les piqures qu’il faut faire chaque soir – à 17h30 impérativement – dans le ventre, et que je fais faire dans les premiers temps par une infirmière qui vient à la maison chaque jour. Je réagis trop au traitement (=trop de follicules, et donc risque de jumeaux, triplés, etc), on l’interrompt.
Deuxième protocole, première insémination : le traitement est bien dosé, un follicule parfait identifié, on peut y aller.
Cette première insémination est très étrange : on a tous en tête comment faire un bébé, n’est-ce pas ? Et bien moi je me retrouve dans une salle d’attente de l’hôpital, avec le « prélèvement » de mon mari dans une boite que j’ai été cherché dans un laboratoire dans le centre ville d’Annecy (oui oui, nous parlons bien de son sperme), et que j’ai rapporté avec moi à l’hôpital d’Annecy où je suis suivie, et que je dois tenir très proche de moi pour qu’il reste au chaud. J’envoi un message à mon mari qui est au travail, pour lui faire part de cette réflexion : je ne nous imaginais pas faire un bébé comme ça…
Cette première insémination est échec. On se doute que ça ne peut pas marcher du premier coup, on se lance dans la seconde, assez confiant je dois dire. Trop confiant.
C’est pourtant à nouveau un échec. Je m’effondre, pour la première fois. Premières larmes. Moi qui suis d’un naturel très émotif – à pleurer à chaque fin de film qui se termine bien ou mal – je ne pleurerai que 3 fois tout au long de notre parcours, mais c’est un coup dur pour moi. Nous n’avons pas de problème particulier, les médecins étaient confiants, je ne comprends pas ce qui cloche, pourquoi ça ne marche pas. Les piqures ne sont pas agréables, la gestion de tout ça n’est pas simple : les contrôles échographiques se font le matin à 7h30, mon mari part à 8h au travail, nous n’avons pas de famille dans la région, heureusement nous avons des voisins en OR 18 carat qui emmènent notre fille à l’école pour nous, pendant tous ces rendez-vous. Savoir quand va tomber l’insémination est toujours source de stresse avec mes rendez-vous client, j’ai peur de devoir annuler, décaler une séance. Si je ne suis pas chez moi à 17h30, je dois me balader avec une sorte de petite glacière avec le produit pour qu’il reste au frais, de quoi stériliser la zone à piquer et une seringue pour me faire mon injection. Je me retrouve donc une fois en balade en foret avec des amis à me faire ma piqure dans le ventre, une autre fois le long du lac Leman à Montreux lors du marché de Noël…
Sur l’un des protocoles d’inséminations que nous ferrons, je décale une séance nouveau-né très importante chez des clients à Genève, suivant la date théorique de l’insémination, qui finalement va se décaler de 2j, au jours où j’ai décalé ce rendez-vous. Je ne peux pas changer une nouvelle fois la date, je l’indique aux sages-femmes de PMA qui me suivent, j’ai le droit à une réflexion bien cinglante de l’une d’elle : quand on se lance dans ce process, il faut savoir se rendre disponible. C’est un coup bas, que je prends mal. Il n’est pas simple de concilier vie de famille avec un enfant à gérer, ces rendez-vous, et son travail. Je suis à mon compte, j’ai des obligations envers mes clients. Je me ressaisie, mais veux enchainer une nouvelle insémination, qui ne marchera pas non plus. Lorsque je vais faire mes dernières prises de sang (qui se font tous les deux jours, une fois le traitement commencé en vue d’une insémination, je dois donc être à environ à plus d’une 20ène de prise de sang depuis le début du parcours), l’infirmière me dit qu’elle n’arrive plus à trouver de veine, que j’ai eu beaucoup (trop) de prises de sang, qu’elle n’arrive pas à me piquer. Je me revois en train de me dire « mon Dieu, mais qu’est-ce que je fais à mon corps ? ». A chaque rendez vous médical de n’importe quel type (écho, prise de sang, etc) la question récurrente est : « A quand remonte vos dernières règles ? » : j’ai l’impression que c’est l’information la plus connue de l’année.
1 an que nous avons attaqué les inséminations, 5 protocoles réalisés, et 3 inséminations. Pour rien. Il est temps de faire un break, on reprendra quelques mois plus tard.
En parallèle de tout cela mes clients me demandent : alors le 2ème ? Mon discours évolue : « oh vous savez, j’ai mon entreprise, alors que je me concentre dessus pour le moment, on verra plus tard. » Puis « on y pense », pour enfin jouer la franchise « on aimerait bien, mais ça ne marche pas, la nature n’est pas de notre côté ». Et là je réalise que tant de mamans qui viennent se faire photographier chez moi sont passées par la PMA. Nous échangeons beaucoup, j’ai beaucoup d’adorables mots de soutiens. C’est très libérateur de pouvoir en parler librement, et échanger sur nos parcours.
Comme nous sommes catalogués comme « infertilité inexpliqué », je tente des médecines parallèles. On me dit que c’est dans ma tête que ça bloque. Je ne dis pas le contraire, c’est même fort probable, je viens de lancer mon activité, mais je ne peux pas y faire grand chose. Ne pas y penser est utopique. Nous ne vivons pas, nous ne mangeons pas bébé/PMA, mais c’est impossible de ne pas y penser. Je commence par de l’acuponcture pour aider au fonctionnement des inséminations, je vais voir un médecin chinois sur Genève qui va me traiter avec une aiguille sale brulée juste avant de me faire 4 points dans le ventre au niveau des ovaires, puis de me mettre un pot de yaourt en verre dessus pour faire le système de la ventouse. Il est très content de lui : il me dit que j’ai de l’humidité dans les ovaires, qu’il a traité le problème, que je dois le prévenir quand je serai enceinte dans quelques mois. Je n’ai jamais eu à revenir vers lui. Je dois avouer que j’ai été un peu traumatisée par ses méthodes !
Je vais également voir une kynesiologue, sur une dizaine de séances, une micro-kinésiologue, une psychologue, des ostéopathes et enfin un spécialiste en médecine chinoise (mais qui n’est pas chinois et qui a d’autres méthodes que le médecin chinois rencontré au début de mon parcours, heureusement pour moi).
On ne prévoit plus de grands voyages, alors qu’on adore voyager, nous disant sans cesse : « si je suis enceinte… » pourtant rien ne vient. Je rêve de pouvoir faire un beau voyage avec mon mari et ma fille, lorsque je serai enceinte de 6 mois, pour des dernières vacances à 3, alors on se dit qu’on ne peut pas partir en vacances loin si on doit faire ce voyage (on doit garder des vacances pour cela, et financièrement nous ne pouvons pas prévoir 2 beaux voyages dans la même année). C’est bête, on se prive de voyager pour rien.
Ce n’est qu’en octobre 2017 qu’on se fera plaisir de nouveau, en allant en Santorin tous les trois, de vrais vacances de rêves qu’on aurait dû se faire plus tôt. Mais mieux vaut tard que jamais !
Anna nous demande pourquoi elle n’a pas de frère ou sœur, comme c’est le cas de tous ses copains d’école. Nous lui expliquons que la nature fait que ça ne marche pas pour tout le monde. Nous avons eu beaucoup de chance de l’avoir, mais que ça ne fonctionne pas pour un autre bébé. Que nous avons demandé de l’aide à des docteurs, que ce n’est pas sur de marcher, mais que nous essayons.
Nous voulons ce second bébé, mais voir notre fille le vouloir très fort elle aussi, c’est dur. Je me souviens d’une matinée où nous avions fait une séance photo avec une photographe venue pour nous photographier Anna et moi au studio. Après cette séance, Anna m’a reparlé d’un frère/sœur. Je lui ai rappelé que la nature décidait pour nous. Elle a fondu en larme, me disant que la nature était trop nulle, que ce n’était pas juste, qu’elle était tout le temps sage, à l’école, alors qu’un de ses camarades faisait beaucoup de bêtises, tout le temps, et qu’il allait avoir un petit frère. Mon cœur de maman a eu du mal à encaisser ses larmes, et à la réconforter.

En parallèle, les personnes de notre entourage nous demande où nous en sommes dans notre parcours. Je ne compte plus les personnes qui nous ont dit :
« Il ne faut plus y penser »
« Oh mais je connais quelqu’un, elle a fait tout un parcours de PMA, et quand elle a arrêté, elle est tombée enceinte. Si ça se trouve ça t’arrivera aussi ! »
« Allez, ça va marcher ! »
Ce sont les trois choses A NE PAS DIRE à une jeune femme qui est face à l’infertilité.
Ne plus y penser, mais bien sur, comme si c’était simple.
On connaît tous quelqu’un pour qui ça a fini par marcher, mais nous dire ça, alors que ça ne nous arrive pas, c’est enfoncer encore un peu plus le couteau dans la plaie. Et surtout ça nous empêche de passer à autre chose, on garde toujours l’espoir que cela finisse par marcher…
Quant au : « ça va marcher », il n’est pas loin d’être le pire. Ils ne savent pas si ça va marcher, personne ne le sait, alors inutile de nous dire quelque chose comme ça. Je prenais presque ça comme un mensonge, alors que je sais que c’était de l’optimisme, des encouragements, évidement. Mais moi je préférais être réaliste. Il est préférable de dire : on est de tout cœur avec vous, on espère que ça marchera, qui est plus neutre, c’est mieux pour tout le monde.

En Juin 2017, nous nous rendons à l’évidence, les 4 inséminations n’ont pas fonctionné. Le système Français nous permet de réaliser 6 inséminations artificielles qui sont prises en charge à 100%. C’est une chance incroyable. Au delà de l’aspect logistique, et émotionnel qu’engendre les protocoles, nous n’avons pas à nous soucier de l’aspect financier. Nous avons bien conscience de la chance incroyable que nous avons.

En accord avec la gynécologue qui nous suit à Annecy pour les inséminations, nous prenons rendez-vous avec le CHU de Grenoble pour entamer des démarches de FIV (qui ne se font pas sur Annecy). Là aussi nous avons beaucoup de chance en France : 4 FIV sont prises en charge à 100%.
Je sais, je sais, j’avais dit que je n’irais pas jusqu’à la FIV. Mais j’avoue que j’étais persuadée que ça marcherait avant, et que nous n’aurions pas à aller jusque là. Mon mari m’a toujours soutenu, dans les traitements que j’ai pris, et m’a toujours dit que c’était moi qui choisissais si je voulais tout arrêter, puisque c’est mon corps qui doit encaisser les traitements. Vouloir agrandir la famille a beau être un choix de couple, je reste le capitaine de notre bateau, et décide ce que je peux ou non encaisser. Nous avons déjà une fille merveilleuse et en pleine santé. Cela nous enlève un poids par rapport à certains couples qui ne parviennent pas à avoir ce premier enfant. La douleur est bien différente, plus forte pour eux, nous le savons. Malgré tout ce parcours si compliqué, nous nous sommes chanceux, nous le savons. Nous ne vivons pas cela comme un drame.
Mon mari a toujours compris que je ne souhaite pas faire de FIV. Cependant quand je réalise que les 4 inséminations n’ont pas fonctionné, que je ne vois pas pourquoi les 2 dernières marcheraient, alors que nous étions à chaque fois dans des conditions idéales, je me dis que la FIV est finalement peut-être la solution. En tout cas si nous nous arrêtions là, j’aurai l’impression de ne pas avoir tout essayé. J’ai 35 ans, encore le temps d’envisager une nouvelle grossesse, cette grossesse que nous espérons tant.

En Juin 2017 nous rencontrons une gynécologue du CHU de Grenoble, et une sage femme. Nous sommes bien accueillis, on nous explique en quoi consiste les FIV, le déroulement.
Il y aura donc une ponction à faire au bloc opératoire, afin de prélever le plus de follicules possibles, après avoir eu un traitement de cheval pour stimuler leur production, la fécondation de ces embrayons se fait dans une éprouvette, puis on replace le ou les embrayons dans l’utérus de la maman lors d’un transfert, qui se fait comme un acte gyneco classique (et presque comme pour les inséminations).

Ce médecin remarque cependant que j’ai une réserve ovarienne un peu faible pour mon âge, je dois refaire des tests. Ca ne serait pas drôle si c’était simple et si nous pouvions directement passer aux FIV. Je dois donc faire un nouvel examen plutôt désagréable (encore un), qui confirme que pour mon âge, j’ai moins de follicules chaque mois que la moyenne. Cela n’a pas de rapport avec l’échec des inséminations, mais cela indique qu’il faudra des doses importantes de traitement pour maximiser nos chances d’avoir plusieurs follicules lors de la ponction.
Nous partons en octobre à Santorin, revenons plus détendu que jamais, dormons la veille de la ponction à Grenoble avec mon mari, puisque nous devons nous présenter à l’hôpital à 7h00, et que la neige est annoncée. Mes parents sont venus de La Rochelle pour s’occuper d’Anna.
Lors d’un rendez vous avec une anesthésiste quelques semaines avant, elle m’expose les différentes options, mais au final sans me laisser trop de choix, pour elle, une anesthésie générale n’est pas envisageable pour une simple ponction de follicules, ce sera donc une sédation, alors que moi j’aurai bien aimé être complètement endormie pour cet acte médical que j’appréhende. Elle ne m’expose pas en quoi cela consiste, mais pour moi, c’est comme une anesthésie locale.
J’ai une très forte dose d’injections à me faire avant la ponction, pour avoir – nous l’espérons, au moins un follicule, et l’Ovitrelle afin de déclencher l’ovulation juste avant la ponction (piqure à faire à heure précise, en général autour de 23h, comme je devais déjà le faire avec les inséminations).

Le jour J nous sommes pris en charge par une super équipe, je vais dans le bloc opératoire un peu stressé, mais avec mon iPhone pour avoir un peu de musique. L’anesthésiste me demande ce que j’ai choisi, je lui indique qu’on m’a recommandé la sédation, qui est comme une anesthésie locale ? Elle est gênée de me dire que non, ce n’est pas le cas, que je vais tout sentir, que c’est un sédatif qui consiste à diminuer la conscience. En gros je vais planer un peu, mais pas beaucoup. Elle me propose de faire de l’hypnose en parallèle, et me confirme que je peux mettre ma musique à côté de moi pour m’apaiser. Je lui demande de me parler d’un catamaran, afin que je m’imagine dans le hamac au dessus de l’eau, avec le soleil qui me réchauffe, et le vent qui me rafraîchit. Cela m’aide beaucoup, mais cela ne m’empêche pas de broyer sa main au moment de ma ponction.

Les follicules prélevés partent dans une mallette qui est remise à mon mari, qui doit aller la déposer en mode James Bond dans un autre service, et faire son « prélèvement ».
Je reste en salle de réveil même si je n’ai pas été endormie pour s’assurer qu’il n’y a pas d’hémorragie, même chose dans ma chambre, et nous pouvons quitter l’hôpital en milieu d’après midi.
Alors que nous allons monter dans la voiture pour rentrer chez nous, le labo de l’hôpital nous appel pour nous dire que 3 ovocytes ont été prélevés (chiffres bas au vu des doses reçues, mais certaines ponctions se soldent parfois, dans les mauvais cas, par aucun ovocytes, alors nous sommes soulagés. Nous avons toutes nos chances.)

Ils se chargent de mettre les ovocytes en culture avec les spermatozoides, afin d’obtenir, dans le meilleur des cas, 3 embryons.
Un premier se développe bien dès le lendemain, le transfert aura lieu 2 jours après, à J3. J’ai le droit à un petit Xanax pour arriver détendu à l’hôpital.
Le transfert se passe bien, j’ai une ordonnance pour faire une prise de sang à J14 : un test de grossesse, et à renouvelles 48h plus tard si positif.
4 jours après le transfert, je suis fiévreuse. Or je ne suis presque jamais malade, et je n’ai que très rarement de la fièvre. Le soir, je réalise que la gynécologue nous avait dit que si de la fièvre apparaissait sous 24h à 48h après le transfert, il fallait venir les voir. Nous sommes un dimanche soir, il est 20h, j’appelle les urgence gyneco de Grenoble, et même si nous sommes au delà des 48h, ils me disent d’aller aux urgences gyneco d’Annecy. J’appelle, fébrile, mon amie et voisine pour savoir si elle peut venir garder Anna qui est couchée pendant que nous allons à l’hôpital. Une nouvelle échographie par voie vaginale, là aussi je ne suis plus à ça près, ne révèle rien de suspect, le médecin met cela sur une hyper stimulation ovarienne dû au traitement de cheval reçu en amont de la ponction. Ouf, nous repartons donc plutôt rassurés.

L’attente est forcément un peu longue en attendant de faire la prise de sang à J14, mais des premiers symptômes me mettent la puce à l’oreille, je fais la prise de sang qui est positive. Je ne m’emballe pas, n’en parle à personne, même pas à mon mari, je ne veux pas lui donner de faux espoir. Je renouvelle la prise de sang qui est une nouvelle fois positive, avec le taux de LH qui monte comme il faut, je vais au studio faire 2 photos pour annoncer la nouvelle de façon originale. Mon mari est fou de joie.
On sait qu’il faut attendre 3 mois pour vraiment se réjouir, que tout peut arriver, mais on se dit que dans le cas d’une FIV les risques sont moindres – pas de risque d’œuf clair, et je prends des ovules 2 fois par jours pour minimiser les risques de fausse couche.
On se dit que le plus dur est derrière nous.
Ma meilleure amie m’annonce qu’elle est également enceinte, on se dit qu’on aura des enfants qui auront 2 mois d’écart max, chose dont on n’aurait pu rêver. Dans notre entourage, plusieurs couples qui avaient du mal à avoir un bébé vont également devenir parents. On se dit que c’est vraiment chouette pour tout le monde.
Comme c’est dans le cadre d’une FIV, beaucoup de famille et amis de notre entourage sont au courant de notre parcours, et nous demande des nouvelles. On leur partage la bonne nouvelle, en leur indiquant la réserve des 3 mois qu’ils comprennent. On se demande si on doit l’annoncer à Anna, mais mon ventre, même à seulement 3 semaines de grossesse, est déjà bien visible, sacré seconde grossesse cumulé avec tous les traitements. On se décide de lui annoncer le 25 décembre que nous ne passons que tous les trois. Je ne veux pas qu’elle remarque mon ventre, me demande si j’ai un bébé dans le ventre, (chose qu’elle m’a demandé à plusieurs reprises, alors que non, jusque là ce n’était pas une grossesse, juste un excès de chocolat). Je ne veux pas avoir à lui mentir, et je veux que nous le lui annoncions avec mon mari.
Elle n’en revient pas, c’est un vrai rêve pour elle. On lui explique qu’il peut y avoir un problème avant les 3 mois, cela ne la surprend pas, c’est arrivé à la maman d’un copain de classe.
Comme nous sommes dans le cadre d’une FIV, nous sommes très suivi, une première écho de contrôle est à faire à 6 semaines d’aménorrhées. On n’a aucun doute dans le cadre d’une FIV sur la date de conception, c’est facile. On va à ce rendez vous assez serein, je connais bien l’échographe qui nous reçoit, il m’a suivi une bonne partie de mon parcours. La secrétaire, qui elle aussi me connait bien à force, et qui avait pris mon rendez-vous sautait de joie pour nous quand je lui ai annoncé le début de grossesse.
Seulement ce rendez vous, c’est une première douche froide : le cœur devrait battre depuis 4 jours, ce n’est pas le cas, c’est très mal parti. Je n’ai pas perdu de sang ni rien, mais l’espoir est maigre. Nous sommes 3j après Noël. Nous fêtons le nouvel an avec des amis, mais le coeur n’y est pas.
2ème écho pour voir l’évolution le 04 janvier, nous partons perdant. Et là surprise : le cœur s’est mis à battre. L’échographe est le premier surpris, il ne donnait pas cher de cet embryon. Il nous explique que l’embryon a dû mettre quelques jours à se fixer dans mon utérus, qu’il était en balade, d’où le retard de développement. Nous reprenons espoir. Le docteur me propose de me revoir dans 1 mois seulement, ou 15j, si je suis un peu stressée, pour s’assurer de la bonne évolution. Le préfère le rendez-vous le plus proche. Mais tous les espoirs sont permis, la date du terme est tout juste autour de notre 10ème anniversaire de mariage, que nous fêterons le 30 Août 2018. J’ai l’impression que c’était écrit, qu’il fallait que ce bébé arrive pour célébrer cette date, tout le monde autour de nous, qui a suivi nos hauts et nos bas, se réjouie pour nous, et nous dit que si ce bébé s’est accroché, c’est pour une bonne raison.
J’ai l’impression que les planètes sont enfin alignées. Je me projette, imagine la rencontre d’Anna avec ce bébé tant attendu, je suis impatiente de pouvoir faire des photos de cet enfant, et de mes deux enfants ensembles. On ne change pas une photographe !

Grosse fatigue, nausée en fin de journée, je prends presque 3 kilos en 1 mois, mais à côté Anna me fait ses premiers bisous sur mon ventre, mon cœur de maman fond. Mon mari me couve. Je suis vraiment heureuse, assez sereine face à l’avenir.
Nous retournons faire une nouvelle échographie le 18 janvier, la secrétaire médicale se retient de me prendre dans ses bras, elle saute de joie pour nous. Je lui dis que nous ne nous réjouissons pas trop vite, que la première échographie n’était pas bonne, et que nous venons confirmer que tout va toujours bien. Elle me dit qu’elle est confiante pour nous.
Et pourtant… seconde douche froide. L’échographe, gêné, nous dit que le cœur s’est arrêté, et ce relativement vite après notre dernière échographie. Pour mon corps, je suis toujours enceinte, l’embryon reste bien accroché, il me dit qu’il va certainement falloir prendre des médicaments pour déclencher la fausse couche, sans quoi cela peut durer tel quel quelques semaines. Je me revois mettre mon bras sur mes yeux, me dire « ce n’est pas vrai ». Je repense à tous les gens qui sont au courant de la grossesse, et qu’ils va falloir prévenir que finalement, c’est définitivement fini. Et surtout le dire à notre fille. Mon mari et moi sommes sans mot. Le docteur a la gentillesse de nous isoler dans le cabinet de sa consœur absente, pour ne pas nous mettre dans la salle d’attente avec les nombreuses futures mamans présentes, le temps que la secrétaire médicale rédige le compte rendu.
Mon mari va chercher notre fille à l’école, lui annoncer la nouvelle, moi je reste récupérer les documents et régler le rendez-vous. La secrétaire me regarde avec un air si triste et plein de compassion, que je suis sur le point de m’écrouler. Je n’ai pas la force d’avoir des gens tristes pour moi, je ne veux pas pleurer.
Je rentre à la maison, et me couche. Anna rentre de l’école, saute sur le lit, me dit avec un air triste mais résigné : « Papa m’a dit : le bébé est mort dans ton ventre ». Oh mon dieu, les mots des enfants ! Ce n’est pas comme ça que mon mari lui a dit, mais à l’école c’est comme ça que son copain lui avait parlé de la fausse couche de sa maman. Je lui confirme que le bébé a arrêté de grandir dans mon ventre, mais qu’il reste encore 2 graines, et donc qu’on va réessayer.
Savoir qu’on a d’autres chances la rassure, elle le prend plutôt bien. Tant qu’on peut réessayer, tout va bien.

Une sage-femme de Grenoble me téléphone le lendemain à 9h00, m’indiquant qu’ils ont eu le compte rendu, partage ma peine, et m’indique qu’il faut que j’aille aux urgences Gyneco d’Annecy pour me faire prescrire du Cytotec, ce qui déclenchera la fausse couche. Seulement mes clients, parents d’une petite fille âgée de 7 jours, arrivent dans 30 min. Je ne peux pas les planter. J’assure ma séance photo avec ce nouveau-né, téléphone à ma voisine et amie pour lui demander de récupérer ma fille à la sortie de l’école, avant d’aller aux urgences et ne sachant pas à quelle heure je vais sortir.
La personne en charge des admissions me demande le motif – je lui explique, et elle me regarde avec des yeux empli de tristesse et compassion : « oh mon dieu, je suis désolée, en plus c’est dans le cadre d’une FIV ». Oui. Mais oh non, je ne veux pas de compassion, je ne veux pas m’effondrer là non plus. Je ravale mes larmes, et attend l’interne de garde. Je me retrouve face à un médecin froid et distant, ce qui me va très bien, qui doit me refaire une nouvelle échographie vaginale pour confirmer l’arrêt de la grossesse. Je fulmine, j’en ai mare de tous ces examens, mais je comprends qu’il ne puisse pas me prescrire de tels médicaments sans vérifier par lui même. Il me confirme le diagnostique – et me donne des cachets à prendre le jour même, le lendemain matin, puis renouveler le 2j plus tard si les médicaments n’ont pas fait effet.
Si la fausse couche n’est pas « complète », il faudra passer par un curetage, alors j’espère pouvoir y échapper.
La première série de médicaments ne marche pas, je renouvelle l’opération le lundi matin, seule chez moi, après avoir annulé une séance avec une cliente (justement gynécologue).
Les médicaments font effet, mon mari est vraiment soulagé que je puisse échapper au curetage, alors que moi je le vis assez mal ce moment, forcément. L’homme voit le positif, la femme vie la chose, c’est moins simple.
Je dois retourner faire une énième échographie de contrôle 2 semaines plus tard pour s’assurer que tout est en ordre, et qu’on peut tourner la page. Ce qui est le cas.

Quelques jours plus tard je fonds en larme, j’ai l’impression qu’on force la nature. Que nous ne sommes pas destinés à avoir un second bébé. J’ai l’impression que quelqu’un est en face de nous, derrière une vitre, en train d’agiter les bras pour nous dire NON NON ! Surtout pas !
Et que nous on y va quand même. J’ai envie de baisser les bras. Je me dis que si nous forçons la nature à nous donner un bébé, peut être que nous allons nous séparer, qu’il sera malade, bref j’ai l’impression que la nature nous prouve que nous ne devons pas avoir de bébé, que ce n’est pas fait pour nous. Mon mari me dit que j’ai beaucoup de clientes qui sont passées par ce process, et qui on eut un bébé. Et que pourtant je ne pense pas, et elles non plus, qu’elles n’étaient pas destinées à être maman. Bien sur, il a raison, et réussi à me résonner.

La gyneco du CHU de Grenoble qui nous suit m’indique qu’il faudrait faire un examen là bas, pour s’assurer que je n’ai pas une infection, soit qui aurait pu déclencher une fausse couche, soit au contraire que la fausse couche aurait déclenché. Je me retrouve donc 2 mois plus tard à Grenoble, à faire connaissance de près avec mon vagin, puisque je le vois en vidéo ! Quand je pense à ça avec le recul, je me dis que j’en aurai fait des choses ! Une minuscule camera est insérée, et confirme une possible infection.
Un traitement m’est donné, mais j’y réagis mal, je fais une allergie, la gyneco prend le parti de me donner seulement la moitié du traitement – l’infection n’étant pas complètement confirmée.

Nous partons en Avril fêter nos 10 ans de mariage à Chypre. Petit pincement au cœur : nous devions soit aller dans les Caraïbes fêter nos noces d’Etain, soit à Chypre. Puisqu’il y a Zinka dans les Caraïbes, c’était inenvisageable enceinte, c’est pour cela que nous avions prévu Chypre. J’avais déjà trouvé une robe de grossesse, je devrais être enceinte de 4 mois.
Changement de programme, je choisi une robe de mariée classique au dernier moment pour renouveler nos vœux sur la place, juste tous les trois, sur une plage. Une cérémonie qui nous fait un bien fou, qui nous prouve que malgré ce long chemin semé d’embuches, notre amour est toujours aussi fort, voir peut être même plus.

Il nous reste 2 embrayons qui ont été congelés de la FIV.
Je ne souhaite pas passer par une autre ponction, nous avons indiqué au personnel médical que nous nous arrêterons là, quelque soit le résultat. Ils nous disent que tous les couples disent ça, et que si ça ne marche pas, nous retenterons. Mais non, pas nous. Nous avons déjà une fille, cela serait la fin du parcours pour nous.
Ils nous convainquent d’implanter les 2 derniers embrayons en même temps, que le taux de risque de jumeaux, que nous souhaitons éviter, est seulement de 3 à 4%, et surtout que le taux de chance de mener une grossesse avec un seul bébé à terme avec les 2 embrayons implantés en même temps n’est que de 15%.
Ces 15% me mettent à terre. Je savais qu’on avait peu de chance, mais là… un tout petit peu plus d’une chance sur 10…

Nous acceptons le transfert des 2 embrayons, et programmons ça pour fin Mai 2018.

Quelques jours avant, grosses angoisses : je réalise que c’est notre dernière chance, que si ça ne marche pas, ça sera terminé. Nous l’avons dit à Anna, nous n’avons plus que 2 gaines. Elle nous dit qu’elle comprend, mais que si ça ne marche pas, on va ré-essayer. Non, cette fois si on ne pourra plus. « Ah ». Oui, ah.
Je vais voir en urgence une infirmière qui propose de l’hypnose pour m’aider à gérer mon stresse et cette pression.
Nous ne parlons à personne de ce dernier transfert, même si nous avons apprécié d’être si entouré début Janvier, nous ne voulons pas jongler et tenir tout le monde au courant.
Le traitement est très léger cette fois, puisque je n’ai que le transfert à recevoir, et je dois faire ma prise de sang à J14.
J’ai des symptômes, je me doute que le résultat va être positif, mais avec notre précédente expérience, je ne me réjouie pas. C’est une sage femme de Grenoble qui m’appelle alors je n’ai pas encore eu le temps de consulter les résultats de la prise de sang. Elle me dit que c’est positif, et m’indique mon taux de LH à 46. Je lui dis que ça me semble faible, qu’il me semble que j’étais à 97 en décembre pour cette même première prise de sang. Elle me dit que ça ne veut rien dire. Au fond de mois, je le sens mal. Très mal.
Mon mari me demande quand est ma prise de sang quand je rentre le soir, je lui indique que je l’ai faite le matin. Cela peut paraître bizarre de ne pas lui avoir partagé ce rendez-vous, mais je veux le préserver. Ce parcours est difficile à vivre pour lui, il se sent vraiment impuissant face à tout ce que j’encaisse. Je lui indique donc que c’est positif, mais que le taux me semble faible. Pour lui, c’est positif, c’est tout ce qui compte. Je dois faire une nouvelle prise de sang 4j plus tard (c’est long !), il faut que les chiffres aient fait x4.
Les résultats arrivent en retard, je mange ce midi là avec mon mari en tête à tête, et le couperet tombe, de 46, je suis tombée à 17, alors que ça devrait être à près de 200.
La sage-femme m’appelle pour me confirmer que c’est une fausse couche, mais cette fois-ci une fausse couche biologique. Pas besoin de médicament ni rien. Si nous n’avions pas été dans le cadre d’une FIV, j’aurai juste cru à un retard de règle, qui seraient arrivées 10 jours après. Je pleure un coup dans ma voiture, et décide d’aller de l’avant. On ne peut rien faire d’autre.
C’était notre dernière chance, et nous arrivons à la fin de notre parcours. 5 ans à espérer un enfant, près de 3 ans de parcours de PMA, 5 protocoles d’inséminations, 4 inséminations, 1 ponction de FIV, 3 embryons, 2 transferts, et 2 fausses-couches.
Nous nous laissons une petite semaine pour l’annoncer à notre entourage, et à Anna, le temps de l’assimiler nous aussi, et surtout le digérer.
Je ne vous cache pas que sur le coup, je me suis dit « Put** tout ça pour ça… »
et puis finalement, la fin des traitements : c’est un soulagement. J’avais atteint mes limites. Nous aurions pu continuer, faire encore 3 ponctions, mais nous avons décidé d’arrêter. Je n’en pouvais plus – je ne voulais plus imposer cela à mon corps, et surtout, maintenant on sait. On sait que nous n’aurons pas de second enfant. Ne pas savoir, c’est frustrant.
A présent, on va de l’avant.
D’autres ont des parcours encore plus compliqué que nous… et nous en connaissons beaucoup.

Anna est triste, très triste. Elle nous dit qu’on a qu’à chercher sur internet : « adopter un bébé » – et dire aux médecins qu’on arrête. On lui explique l’adoption ce n’est pas si simple.
De notre côté, on sait qu’on ne sera pas assez fort pour vivre une procédure d’adoption, qui est encore un énorme parcours en soit. On admire les couples qui vivent cela.
Anna aurait été une si merveilleuse grande sœur, nous en sommes certains. Mais nous avons essayé de trouver les mots pour lui faire comprendre que nous sommes tellement heureux à 4 (nous avons notre petit chien : wanak !) – que cela nous convient ainsi.

Alors voilà, fin Juin on décide de se donner de nouveaux objectifs, et le premier est voyager. On a évité de faire de gros voyages tout au long de notre parcours, parce que « Et si je suis enceinte… » là on sait que ça ne sera pas le cas. On programme déjà Marrakech pour Février 2019, moment où j’aurai accouché si le dernier transfert avait tenu.
Mon mari programme même nos vacances pour les 3 prochaines années. Chacun sa façon de vivre cet après.

Nous nous savons déjà tant privilégié d’avoir cette enfant pleine de vie – pleine d’amour – en bonne santé et qui nous comble de joie.
Nous ne pouvons pas trop en demander. Je prends du recul et me dis que rien n’arrive pas hasard, et que mon destin était d’être uniquement la maman d’Anna. Je n’étais pas destinée à avoir un autre enfant.

2 ans après l’arrêt des traitements, je ne vous cache pas que j’ai encore parfois un petit pincement au coeur dans certaines circonstances, mais ne plus organiser mon emploi du temps en fonction des traitements est un soulagement, ne plus se dire « Et si… ? ».  J’ai arrêté d’avoir la voix qui tremble lorsque j’en parle depuis quelques mois seulement. La page a été en grande partie tournée. Et partager mon parcours, via cet article écrit il y a 1 an, m’y aide beaucoup.
En tout cas nous avons été si bien entouré, par nos familles, très respectueuses de notre parcours, ne nous posant pas de questions, et nous laissant en parler quand le besoin s’en faisait sentir, par nos amis, plein de soutien et d’amitié, et par le personnel médical très à l’écoute.
Une chose est sure, je ne regrette rien : ni ce long parcours, ni d’avoir dit stop. On a essayé ce qu’on pouvait, et on a pu tourner la page.

Maintenant je me concentre sur ma fille, mon mari, nos voyages, et mon studio ! Tout un merveilleux programme !

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